Domaine de Méréville

Domaine de Méréville

Il s’agit d’un parc paysager remarquable et emblématique des jardins anglo-chinois de la fin du XVIIIe siècle. Il a été composé par François-Joseph Bélanger puis Hubert Robert pour le compte du financier Jean-Joseph de Laborde, commanditaire fortuné et grand amateur de jardins.
Il appartient à la catégorie des jardins pittoresques qui marquent la rupture avec l’idéal de jardin réguilier en vogue jusqu’à cette époque-là : composé d’un tableau, articulé autour de scènes que l’on découvre au fil de la promenade et de l’eau, le jardin paysager est un hommage à une nature idéalisée et sublimée.
Avec le parc d’Ermenonville et le Désert de Retz, il fait partie des grands jardins paysagers français équivalent des grands jardins anglais ou Landscape Gardens pourvus de fabriques réalisés avant la Révolution. Typiques du dernier quart du xviiie siècle, ils sont parmi les premières manifestations des jardins paysagers romantiques d’envergure sur le continent.
Le parc existe encore, bien que dépourvu de ses principales fabriques (le temple dit de la Piété filiale, la façade de la laiterie, la colonne rostrale et le cénotaphe de Cook), vendues à la fin du xixe siècle transportées et reconstruites au Parc de Jeurre.
Le parc est à l’image du marquis et il montre son admiration pour la navigation et les découvertes, ainsi que son amour de la nature et de la beauté des plantes (lié aux explorations à cette époque de botanique et de classification - le parc regorgeait d’espèces rares importées, acclimatées dans leur nouvel habitat grâce aux sols riches de la vallée de Méréville), et les souvenirs de sa jeunesse au pays basque et dans les Pyrénées (une cascade dans un paysage de roches, des escaliers en spirale descendant dans des grottes, et des dénivelés). Le marquis montre également sa richesse, avec des ponts « aux boules d’or », des grottes ornées de pierres semi-précieuses, et une route pavée de gravillons qui donne au parc tout son cachet.

La construction a demandé dix ans et employé près de sept cents travailleurs, dont une grande majorité étaient des artisans spécialisés. Hubert Robert a créé un paysage de prairie ouverte avec des ceintures d’arbres enfermé dans une grande cuvette, que l’on a parsemée de créations frappantes au fil des années. Chateaubriand appelait le résultat une oasis. Ce parc était un retour à la nature ou au moins à l’illusion de la nature.
Le Domaine de Méréville est la propriété du Conseil Départemental de l’Essonne depuis décembre 2000 et fait l’objet de campagnes de travaux de restauration. Il a obtenu en 2019 le label national « Jardin Remarquable ».

Pourquoi ça fait du bien :
- parce que comme tous les jardins labellisés « Jardin Remarquable », il est tout bonnement magnifique
- pour sa proximité avec les magnifiques cressonières Villa Paul
- pour la vue à couper le souffle depuis le pont des roches


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