Manufacture des Gobelins - Paris

Manufacture des Gobelins - Paris

La Manufacture nationale des Gobelins, dont l’histoire remonte au XVe siècle, occupe le site actuel depuis le XVIIe siècle. La production dans ces ateliers n’a jamais cessé. En 1937, les deux entités, auxquelles il faut ajouter les manufactures de Beauvais (tapisseries) et de la Savonnerie (tapis), sont regroupées sur le site historique des Gobelins. Les collections, d’une richesse exceptionnelle, comptent environ 200 000 pièces. C’est dans la Galerie des Gobelins (1914) que l’on peut les découvrir, à l’occasion d’expositions temporaires où se côtoient créations anciennes et contemporaines.
Les ateliers de la tapisserie comptaient environ deux cent cinquante ouvriers qui étaient logés sur place et répartis en trois ateliers de haute lisse et un de basse lisse. Le Brun s’entoura d’une équipe de peintres qui avaient chacun leur domaine d’excellence (paysages, fleurs et fruits, animaux, architectures, personnages, etc.), cette spécialisation se retrouvant chez les lissiers exécutants. Le roi fournissait les matières premières — laine, soie, fils d’or ou d’argent — et en défalquait le prix lors de l’achat des tentures.
Pour les réalisations les plus précieuses, les lissiers mêlent à la laine et à la soie des fils entourés d’or et d’argent, qui sont très difficiles à travailler. Aussi, leur emploi peut doubler le temps de réalisation de la tapisserie, déjà d’ordinaire très long. Quant au prix de la tenture, il peut être multiplié par vingt en cas d’usage de fils métalliques ! Malheureusement, beaucoup de ces tapisseries ont disparu, notamment pendant la Révolution : on les brûlait pour en récupérer le matériau précieux.

Certaines tentures, dont les cartons avaient été appréciés, ont été tissées plusieurs dizaines de fois. La tapisserie est un multiple : il est possible de réaliser des répliques d’après les cartons originaux. Ainsi, la tapisserie des Actes des Apôtres, imaginée par Raphaël, a été tissée au moins 55 fois entre sa création et la fin du XVIIIe siècle.
Des tapisseries dans les rues ! Du Moyen Âge au XIXe siècle, les tapisseries étaient utilisées comme décor éphémère lors des grandes fêtes. Ainsi, à l’occasion du mariage de Louis II d’Anjou avec Yolande d’Aragon, en 1400, la tenture de l’Apocalypse est accrochée dans la cour de l’archevêché d’Arles. De la même façon, pour le sacre de Louis XV, en 1722, les façades de Reims se parent de centaines de tapisseries issues des collections royales et du trésor de la cathédrale.
Pourquoi ça fait du bien :
- pour la beauté des majestueuses tapisseries exposées
- pour avoir la chance d’observer les 23 000 nuances de couleurs
- pour admirer le mêtre carré de tapisseries que les 20 lissiers encore sur place produisent chaque année


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